La réponse positive ne fait pas de doute pour nos députés, quelle que soit leur couleur politique.
Certains hôpitaux publics ont commencé à externaliser la gestion de leurs parkings à des sociétés privées à compter des années 2010 (Le Figaro, 23 mars 2025). Leur objectif était de se concentrer sur leurs activités de soins, mais aussi de permettre l’entretien des parkings et leur amélioration, d’assurer leur sécurité et de juguler le phénomène des « voitures ventouses » par la rotation des véhicules (voir les réponses identiques des ministères des PME et du ministère de la Santé des 2 juin et 6 juillet 2023, Journal Officiel, Sénat).
Officiellement, cette situation n’a pas l’heur de plaire à nos députés qui se font le relais des plaintes des usagers, obligés de débourser pour une journée de parking une vingtaine à une soixantaine d’euros, soit une somme non négligeable, voire prohibitive pour certains ménages. Officieusement, on peut y voir la prévention de l’extrême gauche contre toute externalisation ou sous-traitance, tant dans le secteur privé que dans le secteur public au demeurant.
Les questions sénatoriales à l’origine des réponses ministérielles ont été posées par des sénateurs Républicains qui souhaitaient sinon la « gratuité », du moins « l’accessibilité tarifaire » des parkings des hôpitaux publics, suivant les cas pour le personnel, les patients et/ou les visiteurs.
Le député socialiste Stéphane Hablot fait un « tour de France » pour réclamer le retour à la « gratuité » des parkings dans les trois-quarts des hôpitaux publics. Une proposition de loi était annoncée mais il semble que les députés socialistes se soient fait griller la politesse par leurs « amis » Insoumis… En effet, ces derniers ont déposé une proposition de loi (n °1729, 11 juillet 2025) visant à garantir la gratuité des parkings des établissements publics de santé. Il sera relevé que, au-delà de l’exposé des motifs, cette proposition est quasiment identique à celle déposée par les députés du Rassemblement National l’année dernière (n° 2278, 5 mars 2024) ! Fidèles à leur rhétorique gauchiste, les Insoumis prétendent que le financement de l’hôpital public serait « nettement insuffisant pour répondre aux besoins réels », que nous assisterions à une « marchandisation » et à une « logique gestionnaire financièrement inhumaine ».
La proposition du Rassemblement National s’opposait également à la mise en place de parkings privés, mais en pointant le fait que « les patients ou les visiteurs qui par leurs impôts directs ou indirects financent l’hôpital public doivent contribuer une seconde fois » -un argument également utilisé par les Républicains et les socialistes.
Le fond du problème n’est pas la « gratuité » ou non des parkings, mais le « pognon de dingue » dépensé dans un système public à bout de souffle
Autrement dit, la « gratuité » serait payée par ailleurs, ce qui est évidemment exact, par le truchement des impôts. Le problème est que la Sécurité sociale, alimentée par nos cotisatons excessives et nos impôts qui ne le sont pas moins, est en déficit chronique et croissant. Rendre gratuit les parkings augmentera ce déficit en même temps que cela risque de détériorer la gestion des dits parkings. Ce qui obligera à augmenter les impôts et/ou les cotisations.
Le fond du problème n’est donc pas la « gratuité » ou non des parkings, mais, d’une part, le « pognon de dingue » dépensé dans un système public à bout de souffle dont les hôpitaux sont le paradigme et, d’autre part, la médiocrité du niveau des vie des Français due à l’État providence le plus pesant de l’univers.
Source : ContrePoint 21/08/2025 par Jean Philippe Feldman