Le tribunal correctionnel de Strasbourg a condamné hier jeudi 3 septembre un interne à cinq ans d’emprisonnement, dont trois avec sursis, pour avoir administré à sa compagne, à son insu, des médicaments provoquant une interruption de grossesse. Il a également été interdit définitivement d’exercer la médecine.
Les faits remontent à mars 2024 et se sont déroulés au domicile de la compagne du prévenu, une infirmière, à Furdenheim, dans le Bas-Rhin. L'interne alors âgé de 36 ans s'était procuré des médicaments utilisés dans le cadre d'une interruption volontaire de grossesse.
Selon les Dernières Nouvelles d'Alsace (DNA), l'homme aurait administré à sa compagne un comprimé de mifépristone, puis, le lendemain, trois comprimés de misoprostol dissous dans une boisson. Le premier médicament lui aurait été donné à son insu, alors qu'il l'embrassait.
Interdit définitivement d’exercer la médecineDevant le tribunal, l'ancien interne a reconnu les faits. Par la voix de son avocat, il a expliqué avoir agi parce qu'il ne parvenait pas à « se projeter dans un projet de parentalité » et estimait ne pas être en mesure, sur les plans psychologique, financier et matériel, de s'engager dans un tel projet. Il a également exprimé ses regrets et présenté ses excuses.
Le tribunal correctionnel de Strasbourg a prononcé une peine de cinq ans d'emprisonnement, dont trois assortis du sursis. L'ancien interne qui arrivait à la fin de son cursus des études de médecine au moment des faits a également été interdit définitivement d'exercer la profession de médecin et toute activité de nature médicale ou paramédicale.
Pour l'heure, son avocat a indiqué que la défense se réservait le droit de faire appel de la décision. « À ce stade, aucune décision n'est prise », a-t-il précisé.
Source : Quotidien du Médecin 04/09/2026