Un médecin des Hôpitaux Robert Schuman (HRS) est accusé d'avoir eu le bistouri trop facile et d'avoir pratiqué des opérations inutiles du genou. Des confrères du Centre hospitalier de Luxembourg (CHL) ont envoyé une lettre à leur directrice pour porter l'accusation et «protéger les futurs patients», rapporte RTL.
Les Hôpitaux Schuman ont décidé mardi de suspendre temporairement le chirurgien accusé, en interne. Selon la directrice générale du CHL, les services de son hôpital ont reçu plusieurs patients ayant subi une reconstruction du ligament croisé antérieur, qui était en réalité intact. L'opération était donc inutile. Selon nos informations, une dizaine de patients pourraient être concernés par ces interventions chirurgicales superflues. Parmi eux, certains ont dû subir une seconde opération.
«L'hôpital doit être un espace de sécurité et de confiance pour les patients et les médecins»
Marc Glesener, porte-parole des HRSLe CHL a fait suivre le courrier de ses médecins au directeur général des HRS, le Dr Marc Berna. Une procédure en interne a été lancée, qui doit permettre au chirurgien accusé de se défendre et lors de laquelle la direction médicale et le conseil de l'ordre des médecins doivent aussi être impliqués. Le chirurgien est suspendu le temps de la procédure, à titre de précaution.
«Nous prenons les choses au sérieux, commente Marc Glesener, porte-parole des HRS auprès de L'essentiel. L'hôpital doit être un espace de sécurité et de confiance pour les patients et les médecins. Il était important de prendre nos responsabilités et d'appliquer cette mesure de précaution».
S'il ne confirme pas le chiffre de dix patients concernés, le porte-parole assure que «des contacts sont organisés par les équipes de l'hôpital pour assurer la continuité des soins» auprès d'eux. Le professionnel soupçonné est un orthopédiste ayant un contrat d'agrément avec les HRS. La durée de la suspension de son contrat est pour l'heure liée aux investigations qui seront menées par le collège médical et le ministère en charge.
Le dossier est en effet arrivé sur le bureau de la ministre de la Santé, Martine Deprez (CSV), dont les services analysent le problème d'un point de vue juridique. Une suspension de trois mois est aussi envisagée, ce qui empêcherait le chirurgien de pratiquer, même en dehors de l'hôpital. Selon nos informations, il est convoqué par la ministre ce mercredi matin.
Source : L'Essentiel du Luxembourg 20/01/2026